22 mai : jour férié en Martinique

les anses d'Arlets en MartiniqueLe 22 mai est effectivement un jour férié en Martinique, alors que c’est un jour comme un autre en métropole.

Que s’est-il passé ce jour-là sur l’île aux Fleurs ?

Que célèbre-t ’on de particulier ?

Il faut revenir plusieurs décennies en arrière pour se souvenir d’une grande transition dans l’histoire de la Martinique et des Antilles en général.

C’est en effet l’époque de l’abolition de l’esclavage.

Cette période toujours très présente dans la mémoire des Antillais se commémore traditionnellement chaque année.

Pour la Martinique, le 22 mai est le jour de commémoration de l’insurrection des esclaves et de l’abolition définitive de l’esclavage.

22 mai en Martinique : jour de mémoire

C’était en 1848, en avril précisément que tout s’est accéléré.

En effet, le gouvernement provisoire qui a succédé à la Monarchie de juillet a élaboré des décrets abolissant l’esclavage dans toutes les colonies françaises.

Ces décrets mettront du temps pour arriver dans les différentes colonies, trop de temps ! La ferveur populaire fatiguée d’attendre a décidé d’agir !

La nouvelle instauration de la République en mars 1848 proclame que « nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves ».

Les 60 000 esclaves martiniquais sont bien sûr impatients que ce décret s’applique concrètement pour eux…

Le 22 mai, lassés d’attendre, ce sera une émeute populaire qui contraindra le gouverneur de l’époque à proclamer l’abolition immédiate, sans attendre les décrets du 27 avril.

C’est donc le premier jour de cette nouvelle liberté et de la suppression de l’esclavage qui est proclamé chaque année à la Martinique par un jour férié et beaucoup de festivités.

Les lieux empreints de l’histoire des esclaves en Martinique

C’est dans la ville de Saint-Pierre que s’est déroulée la plus grosse partie de la révolte des esclaves en Martinique, qui a contribué à leur libération.

Victor Schoelcher humaniste engagé dans les droits civiques est un fervent abolitionniste de l’esclavage et c’est lui qui milite, en France auprès du gouvernement pour une abolition de l’ensemble de l’esclavage, le plus rapidement possible.

Certes, cet homme a bien permis que soit signé les décrets qui abolissent l’esclavage et la traite négrière dans les colonies, mais il lui est reproché d’avoir prévu l’indemnisation, non pas des victimes de l’esclavage, mais des 10 000 propriétaires d’esclaves qui ont fait fortune grâce à cette indemnisation douteuse.

Chaque année, les Martiniquais commémorent cette date qui marque la fin de la traite des nègres sur l’île.

Le 22 mai est donc un jour férié au même titre que le 1er mai et le 8 mai.

Certains lieux de Martinique sont des lieux de mémoire de l’époque de la pratique de l’esclavage et l’on peut également croiser des vestiges de cette période sur plusieurs endroits de l’île.

La savane des esclaves

Située sur la commune des Trois-Ilets, et en pleine campagne, la savane des esclaves est en fait un village complètement reconstruit comme à l’époque de l’esclavage. C’est le Martiniquais Gilbert Larose qui a créé ce lieu.

Le Mémorial Cap 110

C’est le lieu emblématique de l’esclavage en Martinique.

Réalisées en 1998 à l’occasion du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, des statues ont été réalisées par l’artiste martiniquais Laurent Valère.

Elles représentent 15 bustes orientés au cap 110 (est-sud-est), en direction du Golfe de Guinée et de l’Afrique.

Elles incarnent des personnes affligées, disposées en rang serré, en triangle. Elles ont les yeux baissés vers la terre et la mer.

L’artiste a ainsi voulu faire référence au très grand nombre de victimes anonymes de l’esclavage.

L’Habitation Clément

En Martinique, le terme « habitation » représente un domaine agricole avec sa maison de maitre, ses bâtiments d’exploitation et ses plantations.

C’est également le lieu où vivaient les esclaves qui travaillaient dans les champs et habitaient sur l’habitation, dans des petites cases. Avoir des esclaves était monnaie courante à l’époque, et le pouvoir colonial très présent.

L’habitation Clément est un des domaines le plus connu de l’île et aussi le plus représentatif des activités et du mode de vie qui étaient associés à l’époque, à la culture de la canne à sucre et à la fabrication du rhum.

Située sur la commune du François, elle a été classée monument historique et transformée en musée.

Les ruines du Château Dubuc

Construit en 1721 par la famille Dubuc, les ruines de ce château ont été classées monument historique en 1991.

Elles se trouvent sur la commune de la Trinité, Presqu’île de la Caravelle.

Cette grosse exploitation sucrière a été le lieu de passage pour de nombreux trafics d’esclaves et de marchandises. Elle a été dévastée par un cyclone en 1766.

Il s’agit d’un des monuments les plus visités en Martinique, on y découvre les ruines de la maison de maitre, quelques cachots d’esclaves et la vue sur la baie y est exceptionnelle.

La Maison de la Canne

La Maison de la canne est un musée situé aux Trois-Ilets.

Créée en 1987, dans les murs de l’ancienne distillerie de Vatable, on peut y découvrir l’histoire de l’économie sucrière de l’époque, avec :

  • Les instruments et machines utilisés,
  • Le fonctionnement des habitations esclavagistes,
  • Les procédés de fabrication du sucre et du rhum, et
  • la vie quotidienne des esclaves sur les plantations.

Lors d’un prochain séjour aux Antilles, si vous souhaitez découvrir tous ces lieux empreints d’histoire, n’hésitez pas à louer votre voiture dès votre arrivée, vous ne perdrez donc pas de temps pour sillonner la Martinique et aller à la rencontre de son histoire passionnante !

Visiter la Martinique c’est aussi se plonger dans l’histoire de l’esclavage, de la traite des noirs, des colonies et de ses plantations.

Abolir l’esclavage est pour nous un acte évident qui nous paraît lointain, mais pour les Martiniquais et tous les Antillais, c’est encore une plaie présente dans leur mémoire.

La proclamation du décret d’abolition a signé la fin de la traite des êtres humains et de la libération des esclaves. C’était à l’époque un affranchissement pour tous les anciens esclaves et hommes de couleur.

L’esclavage colonial a été officiellement aboli, mais le devoir du souvenir est encore dans toutes les mémoires et il est important de commémorer cet anniversaire tous les ans.